Sœur Marguerite Tiberghien est Fille de la Charité.
Née en 1926 à Roubaix, elle revêt l'habit à 24 ans et part au Congo 22 ans plus tard alors qu'elle avait demandé, dès son arrivée, à partir en mission. Elle avait le bac et ceci allait décider de sa vie vouée à l'éducation des autres. Elle commença à l'Institut Technique de Loos, dirigée par Soeur Carreras. L'enseignement technique était à ses débuts et on recherchait des monitrices. Les filles qui n'arrivaient pas à suivre dans les collèges, y étaient envoyées pour apprendre le dessin, la couture, la sténo-dactylo et la comptabilité. Soeur Marguerite fut confrontée à la honte que peut ressentir un jeune de 14, 15 ans quand il arrive dans une école au niveau dit "inférieur"… Apprentissage décisif pour son aventure future... La mère supérieure lui demanda ensuite de faire une licence en droit. Cette expérience lui permit de faire la connaissance de différentes personnes dont celle qui allait devenir sa meilleure amie, une communiste… Ceci lui permettra, plus tard, de construire au sein d'un régime plutôt contraire à toute forme de religion. Effectivement, 22 ans après avoir revêtu l'habit des filles de la charité, à force de persévérance et de volonté, elle obtenu l'autorisation de faire sa quatrième année de droit comme enseignante à Congo-Brazzaville, alors nommé, Parti Congolais du Travail (PCT), régime marxiste-léniniste sous Marien Ngouabi. Bien que l'école y soit gratuite et le système en tout point identique à l'éducation nationale française, le niveau des enfants à la fin de leur scolarité est très en-dessous de la moyenne. Beaucoup de jeunes sortent de l'école sans savoir lire. La raison principale est l'IDH, Indice de Développement Humain. C'est un indice statistique composite, créé par le Programme des Nations unies pour le développement, évaluant le niveau de développement humain des pays du monde. Le FMI utilise cet indice pour définir les aides qu'il donne aux pays en voie de développement. Plus l'IDH est élevé, plus le pays reçoit de subventions. Et sur quoi se base l'IDH ? Sur le "NOMBRE" de jeunes scolarisés. Aussi, les pays en voie de développement gonflent les effectifs. Aujourd'hui, ce sont plus de 150 enfants qui se retrouvent dans une classe inappropriée avec un unique professeur et sans le matériel de base. Seuls les enfants favorisés ont accès à des écoles privées où l'on retrouve nos normes scolaires occidentales… Soeur Marguerite pris conscience du problème et comme aucune structure n'existait pour la scolarisation des personnes illettrées victimes de ce système, elle proposa, sur ses temps libres, d'enseigner l'écriture et la lecture à 5 mamans qu'elle connaissait. Deux semaines plus tard, une cinquantaine de mamans se trouvaient devant elle. Voyant l'intérêt suscité par sa démarche, elle n'a eu de cesse depuis ce jour que de chercher des fonds et des aides pour bâtir ce qui allait devenir l'" École Spéciale ". Ecole fondée pour TOUS les "jeunes" en marge du système scolaire, même handicapés mentaux. Très vite, des amies françaises, des jeunes étudiants et des Soeurs congolaises se joignirent à elle et vinrent l'aider ! Aujourd'hui plus de 2OOO jeunes et adultes sont scolarisés GRATUITEMENT, sans subvention de l'État, grâce à l'Association "Les amis de l'école Spéciale" qui recueille les dons envoyés par des bienfaiteurs qui n'acceptent pas que des "jeunes" soient illettrés, à l'heure de l'internet ! La scolarisation d'une personne pendant une année coûte, collation comprise, 50 €.6O LE LAC
33 29O LE PIAN MEDOC
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