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De Cabo Ortega au Cap Finistère

by Pascal Bouche on May 30, 2010
Notre première escale n'aura durée que 24 heures. Nous avions prévu de visiter la chapelle San Andrés de Teixido distante de quelques kilomètres et de découvrir les plus hautes falaises d'Europe ; le temps décide pour nous. Une dépression remonte des Canaries. Le 27 avril, nous appareillons de Cabo Ortega direction plein ouest ! Le vent est faible et dans le dos. La houle, par contre, est forte et contraire. Deux possibilités s'offrent à nous. Soit nous nous appuyons un peu et nous faisons des bords de portant. Le meilleur bord semble celui de Nord-Ouest et nous écarte de notre route. Soit nous prenons l'autre bord en prenant pour objectif de dormir dans un abris car il nous jette à la côte. La famille, fatiguée par la traversée, décide pour nous. Nous choisissons la seconde option et faisons route sur La Corogne. Nous avons mouillé dans le fond de la baie. Personne n'ayant envie de descendre, nous avons passé une bonne nuit et nous sommes repartis le lendemain matin. Cette fois, le vent est inexistant. Pas un nœud ! Nous sortons au moteur. Celui-ci restera allumé jusqu'à notre arrivée à Camarinas. Le vent aura soufflé à 5 noeuds au maximum et encore, nous étions au moteur. Aussi, les appareils sont loin d'être précis dans ce cas là. Au fur et à mesure de l'usage du moteur, j'arrive à une consommation moyenne assez précise : 3,6 litres à 1800 tours pour une vitesse de 7 noeuds. Tout cela me semble plus que satisfaisant. Camarinas offre un mouillage exceptionnel. Nous sommes face à une petite forêt et l'endroit semble protéger de tous les secteurs. Le village est typique de la région, en montées et descentes. La pêche toujours omniprésente, les tapas aussi.

L'équipage se retrouve dans un petit bar sur le port pour découvrir les spécialités de la région : pulpo, chipirones, piamento, empenada, calamares et des petits poissons qui nous sont offerts à la joie de Yonnel, notre équipier au grand appétit. Demain, nous devrions passer ce cap célèbre. Ce cap du bout du monde. La nuit sera belle, calme, porteuse de rêves...

Le lendemain matin, les conditions sont belles. Forte houle mais le vent est présent. Il souffle du sud-est. Il oscille entre 10 et 15 noeuds. Nous descendons plein sud. Nohann et Yvane sont de quart pour l'approche du cap. Nohann veille aux jumelles et Yvane se plaint du froid à la barre. Il fait 15° et notre allure, au près, n'arrange rien. Nous sommes le 29 avril. Les équipiers s'amusent à faire une triangulation avec des repères sur terre et nous positionnent à 1 mille du point GPS. Pas mal pour une estime ! De mon côté, je prépare l'approche avec le plus grand sérieux. Découpe de saucissons, chorizo, boîtes d'anguilles, poulpes et autres spécialités locales, bouteille de rouge et de limonade… Voici le cap célèbre : Cabo Torinana ! Et non pas le Cabo Finisterre. Pourquoi ? Car Cabo Torinana est le cap le plus à l'ouest du continent européen et il a une particularité : les aiguilles des boussoles s'affolent dans un rayon de 13 milles ! Ce serait dû à la forte concentration de fer dans le granit… Ceci provoqua beaucoup de naufrages dans la région surtout quand les conditions météo n'étaient pas clémentes…

Toutefois, pour respecter les traditions et en hommage au Golfe de Gascogne, nous le saluons au passage du Cap Finistère. Nous le remercions pour nous avoir laissé passer sans encombre. Face à la caméra, je lui porte un toast, me retourne vers lui et ma pensée s'en va vers nos familles et amis, laissés là-bas, au-delà de l'horizon, et que nous ne reverrons peut-être plus jamais...

CapFinisterreProfil.jpg

Version 5.1 last modified by Pascal Bouche on 30/05/2010 at 00:12

Creator: Pascal Bouche on 2010/05/30 00:03
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